
Nos premiers succès ne devraient pas nous amener à relâcher notre vigilance, selon le gouverneur Carney
VICTORIA, Colombie Britannique, le 28 septembre, 2009 — Bien que l'on note de nouveaux signes de croissance
économique au Canada et partout dans le monde, le gouverneur
de la Banque du Canada, M. Mark Carney, a soutenu
aujourd'hui que ces premiers succès ne devraient pas nous
amener à relâcher notre vigilance.
« La reprise en est à ses balbutiements et est
alimentée presque entièrement par les politiques
publiques », a déclaré le gouverneur,
soulignant que les interventions concertées prises à
l'échelle du globe face à la crise financière
et la débâcle économique mondiales
étaient à la fois ambitieuses et sans
précédent. « En effet, a-t-il dit, de par
leur ampleur, les dépenses engagées par les
gouvernements étaient comparables à celles qui sont
faites en temps de guerre, mais elles étaient
affectées à une calamité survenant en temps de
paix. »
Pour que la reprise s'enracine de façon durable, un
transfert difficile devra s'opérer : à moyen terme,
la croissance devra être favorisée par le secteur
privé et non plus par le secteur public, a fait valoir
M. Carney lors d'un discours prononcé devant la Chambre
de commerce du Grand Victoria. « À long terme, la
restructuration fondamentale dont fera l'objet l'économie
mondiale rendra la conjoncture économique
difficile. »
La reprise à l'échelle du globe devrait être
lente, a mis en garde le gouverneur. « Nous sommes
peut-être sur la bonne voie, mais nous avons une longue route
à parcourir », a-t-il dit. La remise en
état des principaux systèmes financiers
étrangers n'est pas terminée et il est important que
la demande privée progresse de manière soutenue dans
les pays qui se sont trouvés à l'épicentre de
la crise, en particulier les États-Unis. Ce processus
pourrait s'avérer à la fois difficile et
inégal, a prévenu M. Carney.
« Dans l'ensemble, on ne peut se fier uniquement au
secteur externe pour alimenter la reprise au Canada », a
indiqué le gouverneur. « Les facteurs
intérieurs pourraient jouer un rôle crucial à
cet égard. » Comme la plupart des mesures de
relance budgétaire au Canada prendront fin d'ici l'an
prochain, ce sont les dépenses des ménages et des
entreprises qui devront stimuler l'expansion économique au
pays, a-t-il signalé.
En conclusion, M. Carney a réitéré
l'engagement de la Banque du Canada à l'égard de la
stabilité des prix et du maintien de l'inflation à un
niveau bas, stable et prévisible. « La Banque
poursuit un seul objectif en matière de politique
monétaire, à savoir l'atteinte de la cible
d'inflation de 2 % qu'elle s'est fixée », a-t-il
précisé, ajoutant que « la contribution la
plus directe que la politique monétaire puisse apporter
à la bonne tenue de l'économie consiste à
donner aux Canadiens et aux Canadiennes l'assurance que leur
monnaie conservera son pouvoir d'achat ».
Source: Banque du Canada | 
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