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LES COURS REFLÈTENT DÉJÀ LES CRAINTES DES INVESTISSEURS QUANT À UNE CONTRACTION, BANQUE CIBC

TORONTO, Ontario, le 27 aout, 2010 — Alors que des inquiétudes persistent au Canada et aux États-Unis face aux reprises léthargiques, les investisseurs ont vraisemblablement déjà fixé le prix d'un ralentissement économique dans les cours boursiers, indique un nouveau rapport publié par Marchés mondiaux CIBC inc.

Le rapport souligne que, bien que les marchés aient réagi à la récente chute des indices de confiance nord-américains, il n'y a jamais eu, dans les faits, de véritable regain de confiance. Alors que le degré de confiance a remonté après avoir atteint un creux abyssal durant le pic de la crise financière, il est demeuré embourbé dans le contexte récessionniste normal des États-Unis, faisant légèrement mieux au Canada.

Depuis six mois, ces appréhensions grandissantes face à l'économie ont poussé les investisseurs à délaisser les actions en faveur des obligations, notamment celles du gouvernement, en prévision de périodes de vaches maigres prolongées. "Les petits épargnants ont d'ores et déjà délaissé les actions et se sont rués en masse sur des obligations plus sécuritaires", affirme Avery Shenfeld, économiste en chef, Banque CIBC.

"Les rendements obligataires sont tellement faibles qu'aux États-Unis on tient pour acquis que la Réserve fédérale n'atteindra pas ses cibles d'inflation pour les dix prochaines années. Les actions auront de la difficulté à prendre leur essor dans le contexte actuel, mais le risque de chute des cours semble également limité par l'élément de crainte déjà reflété dans les prix alors que les investisseurs battent en retraite. Les obligations du gouvernement, déjà plombées par tellement d'appréhensions, pourraient finalement s'avérer un refuge risqué pour les nouveaux acheteurs à ces niveaux."

Selon le rapport, les entreprises canadiennes craignent également une léthargie économique prolongée, et ce, en dépit des solides résultats enregistrés dans la plupart des secteurs au deuxième trimestre de 2010. Bon nombre d'entreprises se préparent en vue de périodes plus difficiles en remettant à plus tard les dépenses en immobilisations et en accumulant les liquidités. La Banque CIBC estime que les avoirs liquides des entreprises sont d'environ 20 % supérieurs à la normale par rapport aux ventes, une différence représentant 45 milliards de dollars.

En dépit de ces liquidités excédentaires, les entreprises commencent à reporter les hausses de dividendes. La proportion d'avis de dividendes annonçant des taux supérieurs avait grimpé à la fin de la récession à un sommet de 18 % à la fin de l'année dernière, mais a depuis reculé à 7,1 %. "Cette évolution donne à penser que pour le moment, les entreprises préfèrent conserver une partie de leurs liquidités excédentaires comme couverture contre l'incertitude", explique Peter Buchanan, économiste principal, Banque CIBC.

Selon M. Buchanan, "alors que les rachats sur le marché sont parfois le moyen privilégié de remettre des liquidités excédentaires aux actionnaires, surtout durant des périodes économiques incertaines, moins d'opérations de cette nature ont été observées au cours des récents trimestres."

Bien que les dirigeants canadiens se montrent plus prudents face à l'économie, les résultats prévisionnels de la Bourse de Toronto demeurent relativement solides, le consensus ascendant des analystes prévoyant des hausses d'environ 15 % cette année et de plus de 20 % en 2011.

"Si l'on considère les deux principaux moteurs influant sur le rendement, les marges bénéficiaires des entreprises cotées à la Bourse de Toronto ont continué à faire bonne figure au T2", constate M. Buchanan. "En fait, tout indique que les actions cotées à la Bourse de Toronto ont donné un rendement légèrement supérieur à celles des entreprises inscrites au S&P 500 à cet égard au cours des dernières années, et ce, en dépit des craintes généralisées par rapport au dossier peu reluisant du Canada en matière de productivité. La croissance des produits d'exploitation, cependant, a ralenti abruptement, s'établissant à un taux de 3 % en glissement annuel.

"L'appréciation du dollar canadien et la tendance récente à la stabilité des prix des ressources ont sans doute favorisé cette décélération. Si on ajoute à cela d'autres douloureuses comparaisons de rendements en glissement annuel à mesure que la reprise évoluera, on peut s'attendre à ce que la croissance des bénéfices s'atténue au cours des trimestres à venir."

Selon les plus récents rapports sur les résultats des entreprises cotées à la Bourse de Toronto, le groupe des matériaux, dominé par les mines et les engrais/produits chimiques, continue à stimuler la remontée des bénéfices. Bien que les prix de différents produits provenant de ressources naturelles aient fléchi face aux soubresauts de croissance et que l'échéance du crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire ait porté un coup à l'industrie du bois de sciage, les bénéfices ont quand même réussi à enregistrer un gain impressionnant de 89 % d'une année à l'autre au T2, ce qui ne représente qu'une légère décroissance par rapport à la cadence à trois chiffres maintenue du trimestre précédent.

Les dépenses plus importantes engagées auprès des détaillants nationaux et les gains enregistrés tant dans les secteurs des médias que des pièces automobiles, reflétant les mesures de soutien lancées au pays et à l'étranger, ont stimulé les bénéfices du groupe de la consommation discrétionnaire. Soutenus par une comparaison avantageuse avec un exercice précédent faible, les bénéfices dans ce secteur ont progressé de 53 %, soit le deuxième meilleur rendement enregistré parmi tous les groupes de marché. Bien qu'un dollar canadien plus élevé soit désavantageux pour une diversité d'industries, il est avantageux pour d'autres, dont de nombreux détaillants, qui bénéficient d'une réduction du coût des intrants.

Examinée en fonction du consensus des analystes, la dernière série de résultats recensés par la Bourse de Toronto a été supérieure aux attentes du milieu dans 53 % des cas. À titre comparatif, les secteurs des télécommunications et des technologies de l'information ont généré de bons résultats, quatre cinquièmes des entreprises en faisant partie ayant surpassé l'indice consensuel. Deux tiers des entreprises des secteurs de l'industrie et des biens de consommation de base ont également dépassé les attentes. Bien que le taux de dépassement ait été inférieur à celui de 75 % inscrit pour le S&P 500, cela n'a pas empêché l'indice de la Bourse de Toronto d'enregistrer une modeste hausse de rendement durant la période.

Source: Bank of Canada

 

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